Cali en pleine création

Who is Cali?

 

By Jef Aérosol

 

L’outil de prédilection de Cali est ordinaire, un simple stylo à bille, mais ses oeuvres sont extraordinaires!

Le “bic art” est une véritable discipline, une technique de dessin qui ne laisse aucun droit à l’erreur car on n’efface pas l’encre, une école de patience et de travail acharné. Fabriquer de l’inhabituel avec de l’ordinaire, développer une technique complexe à partir de matériaux simples, c’est le pari de cette artiste hors normes : elle se lance dans des portraits très grands formats au bic sur papier journal et le résultat est bluffant : les visages se révèlent au fur et à mesure que ses stylos se vident, que les innombrables traits d’encre s’accumulent, que ses doigts souffrent de crampes et ampoules… Les personnages qu’elle immortalise sont, pour la plupart, des icônes absolues : Mick Jagger, John Lennon ou Marilyn croisent Mandela, Kennedy ou Gandhi.
Mais Cali ne se contente pas de la simple représentation, elle évite très intelligemment le piège de l’hyperréalisme et nous livre des interprétations fines et des mises en contexte riches de sens.

Avec humour et distance, elle accuse, provoque et dénonce. Ses compositions mêlent le sulfureux et le glamour, la rébellion et l’émotion. A sa manière, elle “emballe” les grands de ce monde comme de la marchandise “pop” dans des papiers journaux maculés de bic. Le symbole est fort.

Ce télescopage de “paillettes” et de “cheap” est, en soi, le signe d’une réflexion profonde sur ce qui nourrit nos rêves, désirs et fantasmes. Là où certains ne verront qu’un hommage à Hendrix, Warhol ou Basquiat d’autres ressentiront la charge subversive de ces portraits sur fonds saturés de slogans, textes, collages et logos parfois lapidaires.

De la bille de son stylo, Cali trace les contours d’un monde malade, victime de ses excès de consommation et de starification. La réponse de l’artiste au chaos que symbolisent ses collages de coupures de presse est nettement exprimé sur ses tableaux : peace & love !

Digne héritière des mots d’ordre woodstockiens dont ses aînés se sont repus dans ces décennies effervescentes que furent les sixties et les seventies, Cali cultive l’espoir. D’ailleurs, avec sa silhouette de movie star et son sourire de baby doll, elle n’est pas sans rappeler certaines icônes de ces temps passés.

Je lui souhaite un long et magnifique voyage dans ce pays mystérieux qu’on appelle l’Art…

Janvier 2015.